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boursevaleur
Nicolas Bellemare
Profiter de la panique du crédit
Mise en ligne le 8/6/2007 5:11:04 PM

Vous avez un certain montant d’argent à investir. On vous propose deux options. D’abord, des obligations du Canada échéant dans 5 ans. Capital garanti, rendement actuel avant courtage : environ 4,5%. De l’autre côté, des actions de grandes banques américaines. Rendement actuel en dividende de plus de 5%, dividende en croissance d’année en année (comparativement à un paiement fixe pour les obligations) et grande possibilité d’appréciation du capital. Si voir fluctuer votre placement de façon importante de jour en jour ne vous est pas supportable, mieux vaut opter pour la première option. Mais si vous êtes capable de laisser votre argent en place pour au moins cinq ans et que des fluctuations importantes ne vous inquiètent pas, vous pourriez profiter d’une excellente occasion de placement engendrée par la panique reliée au crédit aux États-Unis.

Il est en effet assez unique de voir les dividendes des banques dépasser les taux sur les obligations gouvernementales. Par exemple, au Canada, les dividendes des grandes banques sont généralement plus de 1 point de pourcentage inférieurs au taux des obligations. C’est une situation normale parce que, contrairement aux paiements des obligations, les dividendes des banques sont appelés à être augmentés, tout comme les cours des actions. Aux États-Unis, les actions de banques ont eu la vie dure au cours du dernier mois, certaines perdant près de 20% comme Washington Mutual.


Performance de Bank of America (vert), Citigroup (orange) et Washington Mutual (Bleu) au cours du dernier mois.


Pourquoi y a-t-il une telle correction présentement alors que l’économie est robuste ? Il y a récemment eu une vague d’acquisitions d’entreprises par l’entremise de fonds privés (pensez à Bell au Canada). Ces acquisitions étaient généralement financées avec une large part de dette. Résultat : les banques qui financent ces projets ont des engagements financiers de plus de 200 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Mais le marché commence de plus en plus à bouder les obligations de compagnies fortement endettées (junk bonds), ce qui résulte en des pertes pour les banques qui sont aux prises avec de lourds engagements. Il faut ajouter à cela les pertes que doivent essuyer certaines banques qui ont offert des prêts immobiliers un peu trop permissifs et qui doivent maintenant composer avec des défauts de paiements.

Dans ces conditions, il faut se demander si les paiements de dividendes des grandes banques sont aussi fiables que les paiements d’intérêts sur des obligations. La réponse est non. Les gouvernements (canadien et américain du moins) ne sont jamais en défaut de paiements. Ils ne font jamais faillite car ils peuvent toujours augmenter leur déficit, diminuer les dépenses ou augmenter les taxes. De leur côté, les grandes banques peuvent faire faillite si des conditions exceptionnellement mauvaises surviennent. De plus, contrairement au paiement d’intérêt sur les obligations, le versement d’un dividende n’est pas obligatoire. Il peut être suspendu en cas de difficultés financières.



Même si cela peut arriver en théorie, il serait peu probable que les banques suspendent ou diminuent leur dividende. D’abord, comme nous pouvons le constater, les profits sont bien supérieurs au dividende payé. Par exemple, si Bank of America versait tout son profit sous forme de dividende, cela représenterait un rendement de 10,4%. Actuellement, elle verse à peine la moitié de son profit sous forme de dividende, le reste étant réinvesti dans la compagnie pour la croissance future. Même si une baisse momentanée du bénéfice survenait, la compagnie aurait encore amplement les moyens de payer le dividende. De plus, les dirigeants de l’entreprise n’ont pas tendance à diminuer le dividende parce que cela ébranle la confiance des investisseurs et il est alors plus difficile pour la compagnie de lever des fonds sur le marché boursier subséquemment. Par exemple, lors de la crise bancaire de la fin des années 1980 et début 1990, alors que plusieurs petites banques faisaient faillite, les grandes continuaient d’augmenter leur dividende d’année en année.

Pour continuer dans la comparaison entre les actions de banques et les obligations, il faut mettre en évidence une différence fondamentale entre une action et une obligation : la sécurité du capital. Si vous achetez une obligation gouvernementale et la détenez pendant toute sa durée, vous êtes assuré de recevoir votre capital. Ce n’est pas le cas pour une action. Toutefois, si vous achetez l’action pourune durée de cinq ans, par exemple, les risques sont minimes. Le tableau suivant résume les pires performances des banques depuis leur histoire moderne, soit de 1975 à aujourd’hui.



Malgré une crise bancaire et deux crashs boursiers durant cette période, la pire période de Citigroup, c’est-à-dire le rendement total que vous auriez obtenu en cinq ans si vous aviez acheté l’action au pire jour en 33 ans est de -5%. De son côté, la Bank of America a connu une stagnation de la mi-1998 à la mi-2003. Le capital initial n’aurait donc pas bougé, tout comme une obligation. Du côté de la Washington Mutual, la pire période a été les cinq dernières années, avec un faible rendement de 6% au total. Ces rendement sont totaux (non-composés) et excluent les dividendes.

On constate donc qu’avec un horizon de placement d’au moins cinq ans, il n’y a pas de risques importants à craindre du côté de la sécurité du capital. La situation a des chances de ne pas être reluisante au cours des prochains mois, mais si vous avez les nerfs assez solides pour ne pas vendre avant quelques années, vous profitez probablement d’une belle occasion d’investissement !


Commentaires (11) :
fredfrad
Je trouve ton calcul très intéressants.
mais y-a-t-il une façon de savoir quand les dividendes sont versés ? Dans un horizon à court terme ce serait très intéressant à savoir.
Monday Friday, May 02, 2008
13h25
fredfrad
Je trouve ton calcul très intéressants.
mais y-a-t-il une façon de savoir quand les dividendes sont versés ? Dans un horizon à court terme ce serait très intéressant à savoir.
Monday Friday, May 02, 2008
13h25
fredfrad
Je trouve ton calcul très intéressants.
mais y-a-t-il une façon de savoir quand les dividendes sont versés ? Dans un horizon à court terme ce serait très intéressant à savoir.
Monday Friday, May 02, 2008
13h25
ciffo Très intéressant! Merci pour les infos! : ) Sunday Friday, February 15, 2008
22h04
ciffo Très intéressant! Merci pour les infos! : ) Sunday Friday, February 15, 2008
22h03
chawki on fait il est encore temps de profiter de la baisse des valleurs banqaires pour acheter,elles ne peuvent que s'apprécier vu la qualitée de l'actif de certaines ,
chawki basly
Saturday Sunday, October 14, 2007
05h08
chawki on fait il est encore temps de profiter de la baisse des valleurs banqaires pour acheter,elles ne peuvent que s'apprécier vu la qualitée de l'actif de certaines ,
chawki basly
Saturday Sunday, October 14, 2007
05h07
chawki on fait il est encore temps de profiter de la baisse des valleurs banqaires pour acheter,elles ne peuvent que s'apprécier vu la qualitée de l'actif de certaines ,
chawki basly
Saturday Sunday, October 14, 2007
05h07
chawki on fait il est encore temps de profiter de la baisse des valleurs banqaires pour acheter,elles ne peuvent que s'apprécier vu la qualitée de l'actif de certaines ,
chawki basly
Saturday Sunday, October 14, 2007
05h07
ariedejonge Très bon blog. Je vois mal comment on ne peut pas faire au moins 10% avec les banques américaines mentionnées. Arie de Jonge Saturday Friday, September 21, 2007
17h00
ariedejonge Très bon blog. Je vois mal comment on ne peut pas faire au moins 10% avec les banques américaines mentionnées. Arie de Jonge Saturday Friday, September 21, 2007
17h00





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